Du respect, des valeurs et de la profession

Ce n’est qu’au 300ème article que j’ai pris conscience que ce sont des jalons importants. Pour ce 500ème article, au lieu de parler de respect, de valeurs et de la profession, j’avais voulu parler des Beaux-Arts sous la perspective Africaine.

Mais compte tenu du fait que le 400ème n’était pas un article personnel, mais la présentation d’une formation sur le design web ; je voulais quelque chose de plus personnel pour l’article de ce matin, qui est un jalon particulier : 500. Oui, le transfert de connaissances (savoir et savoir-faire) me tient énormément à cœur. J’en dirais plus demain, pour le 200ème article sur le blog de l’académie.

Du respect

Avec tout ce qui se passe actuellement dans notre société et notamment la violence dans les établissements scolaires, il est clair que notre société manque cruellement de repères.

Hier sur notre page officielle, nous avons fait cette publication :

Je reprends les mots de la citation :

Tous à l’unanimité, comme des chefs d’orchestre en présence d’une partition rédigée sans fausse note, nous ne parlons que d’une crise, celle du portefeuille sous perfusion, du compte en banque grippé et anémié ou de l’économie grabataire. Mais de l’autre crise personne ne parle : la CRISE DES VALEURS.
– EBOA LOTIN

Ces mots ne datent pas d’hier.

À l’heure où chacun à son niveau essaie d’établir des responsabilités : parents démissionnaires, enseignants paupérisés, élèves délinquants… Il est aisé de constater que personne ne se sent responsable, c’est la faute des autres. Mais vous savez quoi ? Nous sommes tous coupables.

Oui, parce qu’une société est la somme des valeurs morales des individus qui la constitue. C’est un peu empirique et péremptoire comme déclaration, mais permettez moi de m’expliquer.

Nous sommes dans une société où l’argent a été érigé en valeur. Et dans des cas extrêmes, pour certains, l’argent est un dieu.

Regardons les individus qui nous sont présentés comme des modèles de réussite : ceux qui présentent des signes extérieurs de richesse (je n’ose même pas parler de réussite, tellement ce serait inapproprié), qui vivent dans une certaine opulence. Peu importe l’origine de leur « richesse » ou si leur parcours n’est pas « retraçable ». Ne dit-on pas que l’argent n’a pas d’odeur (de couleur) ?

Et si nous parlions de la vente du piment ?

Pourtant ce sont des choses qui devraient nous interpeller. Mais non, nous avons décidé que le respect s’achète à coup de billets, il ne s’impose plus par le travail et des valeurs morales solides. « Tu es quoi ? » devient une question rhétorique pour demander combien on a en banque pour s’adresser à l’oint du dieu argent.

Nous avons donc assisté et contribué, lentement et inéluctablement au délitement de notre propre société, et résultat des courses : le respect a foutu le camp.

La corruption morale a fait son lit et la compromission est devenue la norme : chacun veut briller, chacun veut dominer, au point de ne pas voir le mérite chez l’autre ; et cela, peu importe le prix.

Et si nous parlions de ces bouffons qui nous servent d’artistes vedettes ?

C’est grâce au respect qu’on obtient tout le reste. Et l’argent comme me le rappelait une tata, ne règle que des problèmes d’argent.

Des valeurs

Le combat contre la crise des valeurs dure depuis trois générations dans ma famille : Du Révérend Pasteur Adolphe Lotin’a Same à moi, en passant par Eboa Lotin’a Same. J’ai failli me décourager en pensant que prêcher par l’exemple était vain, mais non, il s’avère qu’il y en a qui se reconnaissent encore dans des valeurs sacrées comme le respect, le travail ou l’intégrité.

Valeurs sociales

Selon la définition de Schwartz et ses collègues, les valeurs :

  • sont des croyances qui tiennent à cœur,
  • se réfèrent à des buts désirables motivant l’action,
  • sont transsituationnelles,
  • servent de normes pour évaluer les actions, les politiques, les gens et les événements,
  • forment un système hiérarchique relativement durable, ordonné par importance.

S’ajoutent deux autres caractéristiques :

  • l’impact des valeurs sur les décisions quotidiennes est rarement conscient,
  • et c’est l’importance relative des multiples valeurs concurrentes qui guident toute action ou attitude, c’est-à-dire les compromis entre les valeurs.

Ces 19 valeurs sont organisées sur un continuum circulaire dans lequel les valeurs rapprochées sont compatibles et celles éloignées sont conflictuelles. Cette représentation graphique permet de saisir rapidement sa hiérarchie de valeurs.

Source : http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/2016-02-04/19-valeurs-fondamentales-de-schwartz

Observez attentivement notre société, et vous verrez que beaucoup de ces valeurs manquent à l’appel. Pour la simple et bonne raison que beaucoup d’entre nous avons tourné le dos à nos traditions.

Valeurs morales

Ou plutôt devrions-nous parler de principes moraux ?

L’anthropologue Oliver Scott Curry de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) et ses collègues se sont concentrés sur sept types de coopération bien établis et montrent que chacun de ces types explique un type de valeur morale spécifique.

  1. Affectation des ressources à la famille (valeurs familiales). L’altruisme envers la famille est socialement favorisé dans les sociétés de cueilleurs jusqu’aux sociétés modernes.
  2. Coordination pour l’avantage mutuel (loyauté de groupe). Le mutualisme explique pourquoi nous formons des groupes et des coalitions (l’union fait la force et la sécurité), et donc pourquoi nous valorisons l’unité, la solidarité et la loyauté.
  3. Échange social (réciprocité positive et négative). L’échange social (positif et négatif) explique pourquoi nous faisons confiance aux autres, échangeons des faveurs, ressentons de la culpabilité et de la gratitude, faisons amende honorable et pardonnons.
  4. Ténacité et courage. La ténacité (qui englobe le courage, l’agressivité et la compétitivité) est l’un des traits largement inculqués aux enfants dans une majorité de cultures.
  5. Obéissance. L’obéissance fait partie des traits largement inculqués aux enfants dans une majorité de cultures, ce qui s’élargit au respect des supérieurs chez les adultes.
  6. Division des ressources (Équité). Les ressources disputées doivent être divisées avec équité.
  7. Possession (droit de propriété).  La reconnaissance de la propriété privée est présente dans la plupart des cultures et le vol est condamné.

L’équipe de chercheurs a analysé des rapports ethnographiques portant sur l’éthique de 60 sociétés, provenant de plus de 600 sources afin de vérifier l’hypothèse de l’universalité de ces principes moraux.

Partout dans le monde, les gens font face à un ensemble de problèmes sociaux similaires et utilisent un ensemble de règles morales similaires pour les résoudre. Comme prévu, ces sept règles morales semblent être universelles à travers les cultures.

– Oliver Scott Curry.

Source : http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/2019-03-09/sept-valeurs-morales-universelles

En ce qui me concerne, le RESPECT est la base de tout : respect de soi, respect des autres, respect des institutions. 💪🏾

Mais qu’arrive-t-il lorsque ceux qui représentent les institutions n’ont aucun respect pour rien ? 🤔

De la profession

C’est un bien grand mot de parler de profession, alors que nous n’en sommes qu’au stade de métier.

Ma vision pour ce métier (le design) en Afrique a toujours été de le professionnaliser. Car il y a quelques années encore, nous étions relégués au simple rang de metteur en pages de programmes de deuil. 😜

C’est donc avec beaucoup de surprise que certains acteurs du métier découvrent qu’ils appartiennent au champ du marketing.

Nous n’allons pas ici embellir notre rôle dans l’histoire, mais mon équipe et moi depuis bientôt 12 ans avons entrepris un travail d’éducation (disons sensibilisation pour des besoins d’humilité 😒) à la fois des praticiens et des clients. Nous avons même à un moment été accusé de vouloir réinventer la discipline.

Notre but n’a jamais été d’être aimés, mais de se faire respecter, à la fois par les clients et les confrères. Mais comment faire respecter quelque chose que les gens ne connaissent même pas ?

Eh bien ! Résultats des courses après avoir voulu donner plus de ressources et de clés en rapport avec le métier à nos étudiants ? Déjà 500 articles sur notre blog principal, dont le premier post date du 25 septembre 2014.

Le premier article sur notre blog. Souvenirs, souvenirs !

L’une des choses qui m’a toujours tenu à cœur est l’éthique. Est-ce parce que je suis petit-fils de pasteur ? 😂

Sincèrement, je ne sais pas. Mais j’ai toujours aimé être correct avec tout le monde. Donc quand je tombe sur les articles de Denis Kardys, je suis comme un orpailleur devant un super filon. http://robotregime.com/

Il y a quelques années, j’étais désespéré de ne plus retrouver ce site en ligne, mais en 2018, Denis l’a remis en ligne.

Voici mes traductions de ses articles :

[gview file= »https://lotincorp.biz/wp-content/uploads/2020/01/Ethique-et-design.pdf »]

Je reviens sur le sujet de l’éthique avec cet article il y a quelques mois : C’est quoi le rôle du designer ?

Cliquez sur l’image pour regarder le documentaire en français

C’est d’ailleurs un sujet qui fait l’objet d’un module dans nos formations chez Lotin Corp. Academy.

Alors si vous êtes un travailleur indépendant ou un propriétaire de studio ou d’agence, il est temps d’imposer le respect. J’ai pris sur moi de partager mon expérience dans un livre intitulé Guide de l’indépendant mais ça ne se bouscule pas aux portes et ça se plaint. Je vous invite à découvrir l’état d’esprit de la deuxième édition :

Cliquez sur l’image pour accéder au contenu

J’en ai toujours eu ras-le-bol de me faire chier, alors j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Et vous, que faites vous pour améliorer votre environnement immédiat, et pour les plus ambitieux, votre écosystème ?

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